OUVERTURE DE SORBBRIDGE

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pour l'amour du chocolat (camille)

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Date d'arrivée : 11/03/2017
© : flightless bird
Âge : 21
Études : géographie
Lun 13 Mar - 22:58
Zoé regarde le plafond aux moulures blanches. Elle les suit des yeux, dessine leurs bordures, poursuit les spirales, dérape sur leurs courbures. L'odeur du pain chaud danse avec celui des croissants. La vitrine aux cent saveurs est très belle aujourd'hui. Colorée par le pastel des glaçages. Et Zoé, elle a le ventre qui se tord et se retourne, creusé par la longue nuit aux quatre coins de Paris. Mine fatiguée, peau pale, yeux rouges, mais toujours un sourire espiègle au coin des lèvres. Il lui en faudra plus que ça à Zoé, pour tomber à genoux de fatigue. Elle fait tache, la gamine, dans l’opulence de la boulangerie. Entre les grands-mères aux fourrures et les hommes en costume. Perdue dans son pull trop grand et son jean mal coupé, les cheveux emmêlés dans un chignon bohème. Elle se fondrait dans la masse à Woodstock, mais il lui fallait admettre qu'ici, coincée entre les religieuses et les paris-brest, elle dénotait avec légèreté, soulevée par l'odeur fraiche et fruitée de son shampoing et de son gel douche. Un joli matin, en somme. Vient son tour, elle pointe un doigt assuré vers le dernier éclair au chocolat, ayant jeté son dévolu sur lui à peine le pas de la porté passé. « Bonjour, un éclair au chocolat s'il vous plait. » Flottement, elle sent un regard appuyé derrière elle. Le boulanger hésite, attrape un sachet d'une main fébrile. Zoé se retourne. Quelqu'un la dévisage, comme si elle venait de dépecer un lapin vivant. Innocence, un brin de culpabilité, Zoé se demande ce qu'elle a fait, comme une gamine qu'on appelle d'en bas de l'escalier pour lui foutre une torgnole. « Euh...Quelque chose ne va pas ? »
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Date d'arrivée : 11/03/2017
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Études : littératures
Mer 15 Mar - 21:41
Camille n'a jamais su quoi faire de ses dimanches. Il paraît que c'est une journée de repos, de grasse matinée et de brunchs. Mais Camille ne dort pas, Camille ne se détend pas. Il paraît que c'est, aussi, la journée du Seigneur. Ce Seigneur qui n'a sûrement pas le moindre amour pour Camille et ses semblables. Ce Seigneur qui lui impose des règles supplémentaires, des règles qui n'ont pas ni sens, ni justifications. Ce Seigneur qui essaye de l'étouffer dans une culpabilité que Camille se refuse de porter. Ce Seigneur à qui Camille a depuis longtemps préféré le Diable. Alors, Camille est perdu.

Le dimanche est une journée morte. Une journée d'ennui qui le confronte à sa solitude et ses angoisses. Alors Camille fait bonne figure. Il joue son rôle de gamin frustré et exigeant. Ce dilettante qui mène sa vie de manière mémérisante. Tant bien que mal, il essaye de faire de cette journée une journée de plaisirs. Un plaisir simple, un plaisir minutieusement organisé : son fleuriste lui propose les compositions les plus décadentes possibles ; son tailleur lui propose son meilleur travail ; son libraire lui offre ses dernières trouvailles. Et de son tailleur à son libraire, Camille s'offre des pâtisseries.

Camille a découvert Philippe lorsqu'il avait quatorze ans. Après s'être rendu compte qu'il ne pouvait faire confiance à personne pour s'occuper de lui, que ses parents ne connaissaient pas ses goûts, et qu'ils seraient toujours occupés à autre chose. Camille a donc parcouru Paris, du haut de son ingratitude adolescente, de son arrogance et de ses exigences épuisantes. Il a fini par rencontrer Philippe, ce gamin à peine plus vieux que lui, passionné fou par le chocolat. Camille a fait exception pour : il a ignoré que Philippe venait de province, qu'il portait des jeans et des survêtements. Ils ne sont pas vraiment devenu amis, Camille le sait : on le supporte mal. Mais ils sont complices, il suppose. Camille l'a eu à l'usure : il l'a poussé à tout lui expliquer sur son art, son métier. Il l'a poussé à lui apprendre tout ce qu'il apprenait lui-même. Puis, il l'a poussé à s'installer chez l'un des pâtissiers du quartier qui connaissait la famille.

Après des années à le suivre, à le pousser à rester au niveau de ses exigences, Camille est devenu son meilleur client. Ou, du moins, le plus fidèle. En profitant ainsi pour assouvir son amour pour le sucre, à étouffer son stress, ses angoisses, son ennui, sous la douce amertume du chocolat noir correctement travaillé. Aujourd'hui, rien ne le réconforte autant que son éclair au chocolat sur le chemin de ses errances dominicales.

Alors, oui, « quelque chose ne va pas. »

Camille n'a jamais vu ça. Il avait cru s'être fait comprendre : il attend d'eux qu'ils lui servent sa pâtisserie tous les dimanches matin. Il s'attend à toujours avoir assez de choix parmi ses pâtisseries préférées afin d'organiser le thé avec Grand-Maman. Mais ça, ça se négocie. Ça se négocie, parce que Camille n'est pas si méchant, ni impoli. Mais ça se négocie jusqu'à l'éclair au chocolat.

Quelle trahison. C'est une première. Ne sachant que faire, il se contente de sourire. Essayant d'étouffer ses mauvaises pensées. Comme le fait qu'elle n'est clairement pas à sa place ici. Qu'elle ne pourra pas apprécier la pâtisserie avec sa gueule de bois et son apparent mauvais goût. Puis, merde alors, il est Camille de Madaure. Et elle, qui c'est ? à part personne. À part le présage d'une journée gâchée.

D'un sourire sûrement froid et pincé, il essaye de l'épargner d'une plus grande gêne.

« Il semblerait bien. Malheureusement, cet éclair m'est réservé. »

Et je ne partage pas.


Mad, bad& dangerous to know.
l'enfant terrible ☽ Whatever he does, he must do in a more decided and daring manner than any one else; he lounges with extravagance, and yawns so as to alarm the reader!
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Date d'arrivée : 11/03/2017
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Études : géographie
Ven 17 Mar - 10:50
« Il semblerait bien. Malheureusement, cet éclair m'est réservé. » Zoé se retourne, détaille le personnage. Sourire pincé, regard hautain, costume trop propre. Tout ce qu'elle n'aimait pas chez la grande Parisienne : ces aristos nés avec une cuillère en argent au fin fond de la gorge, leurs airs parfaitement dédaigneux et leur balais coincé dans l'arrière train qui les forçait à se tenir trop droit. Zoé s'empêche poliment de ricaner au nez de la duchesse, mais le sourire narquois au coin de ses lèvres en dit déjà long. « Je ne vois pas pourquoi il est en vitrine alors. Premier arrivé premier servi, il fallait sortir de 'vos appartements' plus tôt peut être. » Un peu méprisante soudainement la gamine. A vrai dire, même si elle n'avait pas un nom à rallonge pompeux à souhait, la blonde avait grandi en ayant toujours ce qu'elle désirait. La petite princesse de papa, dans sa villa d'architecte. Elle était de ces gamins qui avait fait le tour du monde, qui bouffait bio et pratiquait le yoga. Le tout édulcoré par un filtre instagram. Jeunesse dorée, agaçante, mais souriante. Et puis surtout, elle avait faim, envie de chocolat, et elle se voyait mal faire un remake de la pub Kinder Bueno avec un fameux "On partage". La duchesse n'avait pas l'air fan d'être un fan de Tsonga. Quoi qu'entre deux hippodromes, il avait peut être le temps de passer faire un tour à Rolland Garros.
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